Qui connaît la Corée du sud, longtemps masquée par la Chine et le Japon ? Et surtout, quel est son niveau d’accessibilité pour la population sourde ? De son périple dans ce pays en août 2007, Martin a rapporté des photos et des vidéos.
Commençons par le métro de Séoul, la capitale de la Corée du sud qui allie la modernité à la tradition. Beaucoup de rames du métro sont équipées d’un plan lumineux ou d’un écran informatif. Le plan permet de savoir à quelle station nous sommes tandis que l’écran montre les correspondances quelques secondes avant l’arrivée d’une station. A ces dispositifs, s’ajoute la numérotation des lignes et des stations. Par exemple, 423 veut dire: ligne 4 puis station 23. Tout ceci concourt à qu’une personne ne maîtrisant pas le coréen peut se débrouiller pour se repérer et se déplacer. Cependant, il n’y a pas de voyants lumineux pour prévenir de la fermeture des portes.


Passons à la petite gare de Donghae, située sur la côte est du pays. Elle n’a rien de remarquable, si ce n’est la présence de deux écrans d’ordinateurs sur le guichet. Un pour le personnel et l’autre pour le client qui peut alors contrôler la destination, l’heure et le prix du voyage. Mine de rien, il devient facile de vérifier la compréhension mutuelle entre le guichetier et le voyageur et sans parler un mot de coréen.

La Corée du sud est équipée d’un équivalent du TGV français, nommé le Korea Train Express ou KTX. Chaque rame est équipée de deux écrans qui délivrent des informations essentielles: destination du voyage, arrêts intermédiaires, durée… C’est très pratique pour se préparer à l’avance et le stress est moins important. Le seul point noir est la présence de publicités qui gênent le regard et brouillent la compréhension du message. Ce qui est rageant, c’est de savoir que le KTX fut construit par… les français ! Alors pourquoi le TGV n’est pas équipé d’écrans et autres aménagements visuels ?


Qu’ont-ils de particuliers ces sièges de ce train coréen ? Dans la première photo: les sièges ne sont pas face à face, contrairement à la deuxième photo. Le scoop est qu’ils peuvent se retourner comme en atteste la vidéo ! C’est très utile pour les personnes sourdes car elles ont besoin de se faire face pour dialoguer, quelle que soit leur mode de communication (lecture labiale ou LSF ou LPC). Le torticolis est ainsi évité, soit un confort de voyage très apprécié. L’inconvénient est que les sièges sont très proches, il vaut mieux ne pas avoir de longues jambes…


Voyager en Corée sans connaître la langue orale, ni écrite, n’était pas toujours facile pour Martin qui avait l’impression de devenir analphabète. Heureusement que les dispositifs dévoilés ci-dessus ont pu l’aider à se débrouiller. A l’aube du XXIe siècle, ils restent peu répandus en France alors qu’ils seraient d’une aide précieuse pour les personnes sourdes et les touristes. Le rêve est permis mais il ne peut masquer le fait que la Corée du sud, malgré son dynamisme, est un pays très en retard sur la question du handicap. Citons Yanous ! :
La mairie de Séoul vient d’annoncer un plan ambitieux de plus de 400 millions d’euros pour rendre la vie dans la capitale accessible aux personnes handicapées d’ici 2012. Cela inclut non seulement l’aménagement urbain mais aussi les politiques d’aide à l’emploi ou les prestations sociales. Les associations de défense applaudissent tout en espérant que, cette fois, les autorités tiendront davantage compte des remarques qui leur sont faites par les usagers, ce qui n’a semble-t-il guère été le cas jusqu’à présent. Près de 360.000 Séouliens sont concernés, soit environ 3% de la population totale de la ville.
La comparaison entre deux pays est un terrain propice aux idées et aux échanges, où ce qui paraît impossible est en fait possible. La Corée du sud nous montre que l’information visuelle pour les personnes sourdes n’est pas un obstacle majeur quand la volonté est présente. Alors, qu’attendons nous pour se lancer ?!